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Le récit d'Alexandra

par Alexandra 28 Septembre 2015, 11:38

Le récit d'Alexandra

L'oiseau

 

 Une maison tranquille, dans un quartier tranquille, rien de surprenant. Rien de surprenant non plus à ce que le soleil se lève, à l’aube et que le ciel s’éclaircisse, d’abord timidement, puis plus franchement. Pourtant, Ellie, à sa fenêtre, n’était pas de cet avis. Elle aurait adoré en parler à quelqu’un, de ce pressentiment qui l’habite depuis son réveil, on doit l’avouer, fort matinal. Pourtant, elle s’abstint. En pyjama, une couverture jetée négligemment sur ses épaules,une peluche à la main,si tôt, elle aurait plus l’air d’une fillette qui aurait fait un mauvais rêve,or la dernière chose dont elle avait besoin, c’était de ne pas être prise au sérieux.Persuadée que quelque chose d’important allait se produire d’un moment à l’autre, elle attendit. Elle attendit longtemps, mais n’en eu même pas conscience. Ne pensant à rien, elle était comme endormie. Malheureusement la déception gagne aussi les enfants, et, lorsqu’elle comprit que rien ne se passera ce matin là, la fatigue refoulée précédemment s’appesantit sur ses épaules et elle se dirigea vers son lit.

  L’amer sensation d’un espoir brisé, ajoutée au manque de sommeil, embrumait le cerveau d’Ellie. Pourtant, même dans cet état, elle put se rendre compte que le trajet à effectuer de sa fenêtre à son lit, était anormalement long. Ses yeux, clos à moitié, finirent par s’ouvrir grand et devant ce qui l’attendait, la petite fille ne put que s’arrêter. Elle marchait en plein brouillard, ou du moins, elle pensait que c’était du brouillard. Blanc, tendant vers le gris, moelleux et doux, on aurait pu assimiler ce qui l’enveloppait à un nuage ou à du coton, pourtant, les pieds d’Ellie touchait encore le sol,si c’était bien le sol. Après un rapide tour sur elle même, elle constata que cette matière l’entourait entièrement. Elle se résigna donc à avancer, mais cette fois, bien réveillée. Plutôt tranquilles, pour quelqu’un en milieu inconnu, les battements de son coeur commencèrent à s’accélérer lorsqu’elle sentit le sol se dérober sous pieds. Ne pouvant s’accrocher nulle part,elle se risqua à regarder en bas.Et ce qu’elle vit la terrifia bien plus que n’importe quel autre paysage, le vide.

  Lorsqu’elle se sentit tomber,pourtant si apeurée, Ellie fut tout de suite à l’aise. C’était même agréable comme sensation, de ne plus savoir où est le haut et où est le bas, être comme seul au monde. Cependant, bien que son vol fut merveilleux et qu’il lui procura une sensation de pur bonheur et d’épanouissement, Ellie ne s’en souviendra pas, son cerveau étant bien trop occupée par les paroles , répétées en boucle, d’une voix venue d’on ne sait où,mais qui lui semblait être le vent en personne.

-Rien n’a encore commencé, Ellie.

La petite fille fut même déçue de retrouver son lit, mais même les petites filles aux aventures les plus extraordinaires finissent par succomber à Morphée, et Ellie ne fit pas exception.

 

 7 ans plus tard.Eleanor White, Ellie pour les intimes, était une jeune fille qui aimait se dire « adolescente ». D’un naturel rêveuse, ce côté d’elle même avait tôt fait d’être enfoui sous une façade sociale où chaque détail était pensé.Pourtant, chassez le naturel, il revient au galop, et chaque matin, à l’aube, Ellie se réfugiait devant sa fenêtre, en pyjama, une couverture jetée négligemment sur ses épaules. La vitre de la fenêtre lui renvoyait une image brouillée de son reflet, une petite fille cachée dans une grande, le visage entouré de vaguelettes blondes. Ce rendez-vous matinal, n’était jamais manqué.

  Pourtant, un matin,pendant que Ellie s’apprêtait à quitter la chaleur enivrante de son lit, pour l’apaisante fenêtre,comme elle en avait l’habitude, elle se rendit bien vite compte qu’elle était dans la mauvaise direction. En effet, tout autour d’elle, une substance spongieuse, de couleur clair. Malgré le côté atypique de la situation, le jeune fille n’avait pas peur, elle se sentait en territoire connu. Tout son corps n’était qu’excitation.Elle n’eu pas peur non plus lorsqu’elle ne sentit plus le sol sous ses pieds. Et encore moins lorsqu’elle atterrit sur un lit. Pourtant, l’excitation grisante qui s’était emparée d’elle, l’empêcha de remarquer que cette fois-ci, elle n’atterrissait pas dans son propre lit.

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